Jérémie Hemmache, l'homme aux lézards du Béthunarium
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Rencontre avec un mordu de lézards que l'on pourra approcher aujourd'hui à la salle Olof-Palme, à l'occasion de la douzième bourse aux reptiles... PAR ISABELLE MASTIN |
Son premier lézard, Jérémie Hemmache s'en souvient comme si c'était hier. « J'avais huit ans et je l'ai attrapé moi-même ! J'aimais les dinosaures » et faute de rejouer Jurassik Park, il a opté pour un modèle réduit. À 30 ans, il est « commercial en nouvelles technologies », a un petit garçon, attend avec son épouse un nouvel heureux événement, mais dans la maison, les lézards ont toujours une place - il a bien eu quelques serpents mais là n'était pas sa préférence.
« Entre 10 et 18 ans, j'ai appris seul à m'en occuper, surtout dans les livres, Internet n'était pas si répandu. » Mais ça, c'était avant d'entendre parler de la bande de joyeux passionnés se retrouvant dans un antre sous la halte-garderie. Jérémie était du Hainaut. « Je boxais et c'est un ami, qui faisait de l'élevage, qui m'a demandé si je connaissais le Béthunarium. » Ce qui n'a pas tardé, avec parmi les membres émérites « René Fleurice ! » THE référence, la nounou des bébés serpents. « Je venais d'avoir mon permis, je pouvais venir à Béthune.
» À l'époque, il détonne un peu dans un groupe où on ne jure que par les poissons et les serpents. Ça ne le convertit pas et même, il a largement aidé à la création d'une pièce dédiée aux lézards. « J'ai réfléchi aux espèces, 8 ou 9. Il fallait que ce soit pédagogique, que certains se manipulent bien comme les pogonas ou les dragons d'eau. On voulait aussi que le visiteur prenne conscience de ce que peut devenir à l'âge adulte un dragon d'eau de 20 cm.
» Chez les lézards, « j'aime l'aspect, le fait de reproduire un écosystème et d'y voir évoluer un animal qui en principe ne vit pas chez nous. » Pour en arriver là, il a fallu passer par quelques échecs. Des bagarres, « des guerres de territoire », même qu'un jour « une femelle a tué un mâle » - une téju teigneuse. Ça ne rigole pas, une Madame Lézarde !
Manger souvent et riche
Jérémie ne cherche pas les records. Au mieux, il a hébergé une vingtaine de spécimens et ne fait pas d'élevage. « Je maintiens la population. » Un petit clan de pogonas « achetés pour mon fils ». Malgré tout, « le lézard est plus exigeant que le serpent. Il a besoin de manger plus souvent et plus riche. » Insectes, herbes, éclairage et chauffage adaptés : la recette du bonheur. Ça ne se sait pas assez alors, la bourse aux reptiles, Jérémie y vient en bénévole dispenser des conseils. « Le but, c'est de sensibiliser le public » qui ne trouve pas toujours ce qu'il cherche dans les magasins. Des contacts de proximité dont il sait l'utilité. « Dans mon village, les gens savent que j'ai des lézards. Des voisins ayant acheté un pogona qui ne s'acclimatait pas sont venus frapper à ma porte. » Depuis, le pogona a triplé son poids. •




