Imprimer
PDF

Au Béthunarium, le dimanche, c'est pas « rôti » mais « souris »

Écrit par Paul.

lundi 17.08.2009, 04:52 - La Voix du Nord PAR ISABELLE MASTIN

 

 René Fleurice aide un serpent à faire sa mue. Les bénévoles font bien plus que servir la soupe! René Fleurice aide un serpent à faire sa mue. Les bénévoles font bien plus que servir la soupe!

|  IMMERSION |

Le serpent n'est pas du genre à se goinfrer. Une souris ou un lapin par semaine et le voilà repu. Tous les dimanches matin, les bénévoles du Béthunarium se relaient pour servir la pitance à leurs hôtes. Âmes sensibles s'abstenir !

 

PAR ISABELLE MASTIN

OAS_AD('Position1');

À quoi reconnaît-on un serpent obèse ? Au relâchement entre ses écailles. Le python femelle n'a pas l'air plus vexé que ça quand René Fleurice annonce qu'elle va être mise à la diète. « Elle peut tenir plusieurs mois ! » On est dimanche matin et c'est le tour de René et Cyril de nourrir les petits. René pourrait faire ça les yeux fermés : ça fait des décennies qu'il élève des serpents et c'est lui aussi qui couve les oeufs pondus au Béthunarium dans la nursery aménagée dans son grenier. Cyril, à côté, fait figure de débutant mais du genre connaisseur.

Ce Chocquois a quatre colocataires et il a tout appris... « sur internet » et au Béthunarium.

« Quand on est bien organisé, on a fini en deux heures. » Ça commence dans l'une des pièces juste rénovées. Du sol au plafond, deux niveaux de terrariums et de petits serpents prospérant dans des décors rappelant le pays de leurs ancêtres - eux étant nés en captivité.

Sur le plan de travail, le plat du jour. Comme d'hab' - le serpent ne cherche pas la variété : un bac plein de souris. Gloups. Ça sent le sang, non ? « On les achète vivantes en animalerie. » René se charge de les occire et on les garde au congélateur. Ça aime le froid, un serpent ? Non, « c'est pour ça que j'ai un sèche-cheveux ! » Ce n'était pas pour son brushing toujours impeccable ! « Ça les remet à température. » Un micro-ondes à pythons, quoi.

Un tour de clé et les vitres coulissent. René et Cyril plongent les mains sans hésitation. Des rubans rouges, noirs, jaunes, fendent l'air avant d'être glissés dans des bacs provisoires. « C'est parce qu'ils ne sont pas seuls dans leur terrarium : ça évite les bagarres.

» Ils en ont déjà vu qui, gobant une souris, enfournaient aussi le copain... Soudain, un bruit mou sur ma gauche. Comme un tas de tissus qui s'effondre. René est à droite. Cyril aussi. Y'a un truc qui cloche. Coup d'oeil... et hurlement contenu : un serpent vient de tomber de sa pension. Une chance, René a le temps de le cueillir avant qu'il ne s'esquive. « C'est fugueur, un élaphe... Vous ne voulez vraiment pas le toucher ? C'est très doux ! » Nan.

Des souris et des rats

René replonge dans un terrarium. Râcle la sciure, jette les excréments. « On ne la change complètement que deux fois l'an. » Un sifflement l'interrompt : un serpent mécontent d'être réveillé. D'une pince, il attrape une souris, titille un autre protégé. « Il peut mordre mais ça ne fait pas mal. » Ouais. Avant de passer dans la pièce voisine, René a le temps d'aider un serpent à faire sa mue sous le robinet, et de laisser deux petits rats dans un terrarium. Vivants. « C'est parce qu'il ne mange que la nuit. » Ne pas pleurer, raisonner en termes de chaîne alimentaire...

À côté, des pythons d'âges variés. Gros morceau : le terrarium des pythons molures. Le mâle plus petit et l'imposante star, la femelle albinos. Le mâle d'abord. René, sous l'oeil impassible des pogonas (de petits dragons) qui se contentent de grillons et de pommes, dépose un rat dans la sciure. Vivant - d'autres invoquent le stress de la proie et préfèrent les servir mortes. Vif, le python enserre l'infortuné mammifère. S'enroule autour de lui jusqu'à l'étouffer. La gorge se serre rien qu'à regarder.

Cyril explique comment sa mâchoire inférieure s'écarte pour laisser passer des proies bien plus grosses que lui. La queue du rat disparaît dans la gueule béante. « Il le fait progresser jusqu'à l'estomac en faisant des "s". » Ça ne marchera pas avec le (si joli) lapin mort posé sous le nez de l'albinos. Pas faim et pis c'est tout. « On ne peut pas le laisser, ils pourraient se battre.

» Tant pis, le lapin est jeté. René se rappelle une fois où les pythons se disputaient une proie. « Je les avais démêlés et laissé le mâle dans un coin. » Il a eu le temps de voir une ombre et la tête du serpent à deux doigts de la sienne. Le python a jailli dans la pièce, une bénévole en a sauté de surprise sur l'évier. « On lui a jeté une serviette sur la tête mais il mordait un peu à travers... » Pas de quoi couper l'appétit.

t

Dimanche 30 août, 10e bourse aux reptiles, de 10 h à 18 h, salle Olof-Palme. 2,50 E, gratuit pour les moins de 12 ans accompagnés. Le même jour, à 14 h, Maison des associations du Mont-Liébaut, conférence-formation comptant pour le certificat de capacité (5 E, incluant une entrée à la bourse). 06 83 91 91 74.

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

меня зовут эрл