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Mes Micropoecilia picta et moi

Écrit par Lilian.

2000

Ma première rencontre avec Micropoecilia picta ce fit par l’intermédiaire du papier glacé. C’était dans l’atlas du Dr AXELROD, et la variété d’élevage qui était sous mes yeux me laissait pantois. Une véritable splendeur, tout en nuance.

 

 

 

 

Pour des raisons pratiques les clichés illustrant cet article représentent d'autres variétée géographique de l'espèce.

 

11-9-2005

Journée AFV de St-Saulve

Journée de la bourse, départ à 9h de Béthune, 11 h 30 début de la conférence de Kees DE JONG sur les Godeidae, un bonne, grosse, claque pour les amateurs que nous sommes.


14 h 30 - 15 h début de la vente aux enchères après une bonne bouffe, rythmé par des discussions incessantes sur le thème de nos chers amis à écailles. Les enchères, rythmés elles aussi, laissent présager de bonnes surprises. Les sacs contiennent pour une grosse majorité des Godeidae, mais aussi des Girardinus metallicus, des Guppys sauvage de différentes souches (Cameroun, Trinidad, Téfé,…) et autres Poecilidae plus ou moins rares. Enfin, arrive les caisses de Kees, mais surprise, là ou tout le monde s’attendait un florilège de Godeidae rares, ne se rencontrent « que » de très nombreux sacs de Micropoecilia picta var. « black, playa colorado, Venezuella ».

La bourse ce termine et à mes pieds ce trouve 4 couples de ce magnifique poisson. A peine levé, je m’empresse d’aller à la rencontre de Kees pour en savoir plus sur les conditions de maintenance de l’espèce. Il m’annonce qu’il n’est pas l’heureux éleveur de la souche, mais que c’est un ami à lui qui les lui a confié afin de les vendre. Il saura quand même me renseigner précieusement.

Son ami les maintient à température ambiante, dans une eau à 5° de dureté allemande. Ils se nourrissent abondamment de Nauplii d’Artémia et de vers de vase congelés. Il m’annonce aussi qu’ils ce jettent avidement sur les paillettes et qu’ils n’apprécient pas les changements d’eau hebdomadaires.

Les bouchons sur la route et le « stress » de l’acclimatation passé, je laisse mes nouveaux pensionnaires prendre leurs aises.

 

18-9-2005

Cela fait maintenant 1 semaine que les poissons sont en place. Je les aient disposés, à raison de 2 couples par bac, dans des 20 l à sol nus, équipés de petits filtres à exhausteurs. La température d’environ 25 °C, pour une dureté de 5 ° allemand. Pendant les 5 premiers jours ils ont mangés des Nauplii d’Artémia sans poser aucun problème, par la suite ils ont accepté facilement des grindals, mais aussi de petits morceaux de paillettes pour herbivores. La plantation des bacs est constituée de Ceratopteris, d’Anubias, de Mousse de Java, et de Ceratophrys.

Au cours de la distribution journalière d’aliments j’entraperçois sur le haut de l’aquarium un petit reflet argenté. Je redouble d’attention, et qu’elle n’est pas ma surprise de découvrir pas moins de 3 jeunes, le ventre bien rempli, en train de picorer les plantes du bac.

Un brainstorming commence, « chérie ? Tu crois que je devrai les changer de bacs, que je dois les isoler ? » Au final j’opte pour la solution naturelle, advienne que pourras.

Les parents semblent ignorer leurs rejetons et j’en suis bien content.


30-9-2005

Premier changement d’eau. Le doute est là, la nervosité aussi : vont il apprécier le changement d’eau ? Ne vont il pas mal réagir ? Afin de ne prendre aucun risque je procède au remplacement de l’eau « vieille » par ajout d’eau osmosée pure au goutte à goutte sur une période d’environs 2 h.


1-10-2005

Le changement d’eau est terminé est les poissons toujours vivants, me voila soulagé. Les mâles prennent enfin des couleurs.


7-10-2005

Procédant au nourrissage journaliers de mes pensionnaires, toujours à base de Nauplii et de grindals. J’en profite toujours pour inspecter les bacs de « picta », afin de vérifier si d’autres alevins ne sont pas apparus. La femelle # 1 du premier bac m’a déjà donné des jeunes, la # 2 toujours rien. Dans le bac 2, c’est aujourd’hui qu’apparaît le premier alevin. La femelle # 1 du bac 2 a donc pondu aussi.

Malheureusement « l’accouchement » à du avoir lieu la veille ou l’avant-veille et les autres alevins, s’il y en a eut ce sont fait croquer.

 

Contrairement à ma première observation il m’apparaît que les parents semblent tout de même s’intéresser à leurs jeunes, ne négligeant pas leurs apports protéiques.

Les 2 femelles # 2 paraissent pleines, cependant elles ne disposent pas de tâches de gravidité comme les espèces du genre Poecilia tel que le guppy. Il est donc peut évident de situer la date d’accouchement de ces futures mères. Je rechigne à les installer dans ces petits bacs en plastique que l’on nous propose dans le commerce. J’ai à ce sujet, lu un article concernant la proche espèce Micropoecilia parae, écrit par Rich SERVA & Gina TRASH (disponible là : http://kingdappercombo.com:8082/GAAS/ttopics/1997/parae.htm), ou il est fait mention d’un essai d’isolation dans ce type de bac, et ou l’issu à été fatale.


13-10-2005

Les alevins poussent bien. Ceux de la première portée, il en reste 3, mesurent environ 15 mm. Ils ne ce cachent plus dans les plantes de surface, mais ce comportent maintenant comme leurs parents. C'est-à-dire en ce dissimulant derrière le filtre dès mon entrée dans la fish-room.

Ne sachant pas à quels âge apparaissent les premiers signes de dimorphismes sexuels je ne peut que supposer que ce sont 3 femelles. Le temps me dira si j’avais raison ou pas.

L’unique alevin du bac # 2, à été quand à lui isolé dans un pondoir en plastique avec une petite touffe de mousse de java ainsi qu’un pied d’Anubias nana. Il passe la majorité de son temps dans la touffe de mousse de java, mais dès que les Nauplii entrent en contact avec l’eau il sort en pleine eau pour s’en délecter.

Afin de limiter le stress imputable aux différentes opérations effectuées quotidiennement dans la pièce, j’ai déplacé les bacs des « picta » à l’opposé de la porte d’entrée. Les poissons paraissent dors et déjà moins peureux, et ne sont plus prostrés derrière le filtre malgré ma présence dans la pièce.


14-10-2005

Aujourd’hui je m’intéresse de plus près à l’espèce et à sa provenance. En l’occurrence, « Playa Colorado » au Venezuela. Il ce trouve que ce lieu de collecte est un village situé à proximité d’une petite ville appelée « Puerto La Cruz », elle-même situé à quelques kilomètres de « Barcelona ». Ce lieu de pêche est situé juste à l’extérieur du parc national « Mochima ».

C’est une zone côtière, qui, sur la carte du moins, parait peu urbanisée.

 

 

Je ne dispose pas d’autres informations sur ce lieu de collecte ci. Cependant dans d’autres lieux, l’espèce prolifère réellement. Les individus ce comptant en milliers. Ils occupent les canaux et queues de marais généralement saumâtres

Dans ces milieux ils ce nourrissent en grande majorité de matière végétale ainsi que des micro-organismes qui occupent ces végétaux.

Mes observations, me ferait plutôt dire qu’il s’agit d’une espèce à tendance carnivore, ne rechignant pas les paillettes faites pour les espèces herbivores.

Certains auteurs mentionnent le fait qu’il est nécessaire d’enrichir l’alimentation avec un complexe multi-vitaminé. Je n’ai jusqu'à présent pas eut l’impression que cela était indispensable. Mais dans le doute je compte bien m’y employer dans un futur proche.


22-10-2005

L’essai d’isolation du jeune du bac # 2 c’est soldé par un échec. Malheureusement il est mort aujourd’hui et ce pour une raison que j’ignore. Tous les autres individus du bac ce porte pourtant très bien.


25-10-2005

La femelle # 2 du bac # 1 est morte aujourd’hui. J’avais remarqué qu’elle ventilait plus vite qu’a l’accoutumé et qu’elle était plus blanchâtre que d’habitude. J’ai donc administré du bleu de méthylène au bac. Résultat : négatif. Et une femelle de moins. Les autres individus du bac ne présentent aucun symptômes et n’ont pas changés de comportement.

1-11-2005

En me levant ce matin je vérifie que tout va bien dans les bacs. Et oh surprise voila un alevin dans le bac # 1. Je scrute donc le bac mais rien de plus. L’unique femelle du bac semble toujours partiellement pleine, je la laisse donc continuer tranquillement son travail. J’observe tout de même un comportement étonnant. Le mâle alpha du bac, en plus de présenter brutalement à la femelle son gonopode, tape violement le ventre de la femelle du bout de son « nez », comme pour la forcer (ou l’aider ?) à ce libérer de sa progéniture. Par ailleurs il n’a jamais exhibé des couleurs aussi intenses.

2 heures plus tard 2 autres alevins sont visibles, la femelle n’a toujours pas fini le travail, je patiente donc.

Les alevins de la première portée mesure maintenant plus de 20 mm et semblent êtres 3 femelles.


 

8-11-2005

Catastrophe, depuis 3 jours, mes femelles tombent comme des mouches. Les changements d’eau n’y font rien ! Il ne m’en reste plus qu’une.


5-2-2006

J’ai maintenant perdu tous les individus que je m’étais procuré lors de la bourse.

Il me reste cependant les 3 alevins issus de la première portée. Ceux-ci ce développe lentement mais sûrement.

J’ai perdu tout espoir de conserver la souche. Ce que j’ai pu constater en travaillant sur cette espèce est que « leur foutre la paix » est encore la meilleure solution.

 

8-5-2006

J’ai eu l’occasion de discuter avec d’autres membres de l’AFV s’étant procuré cette souche à différentes bourses dernièrement. Il en ressort que chez tous, les individus achetés ce sont révélés particulièrement sensibles. Olivier BASTAERT m’a même annoncé que lui faisait au départ des changements d’eau journaliers, avec de l’eau de pluie coupé à 20% d’eau de mer naturelle ! C’est une méthode qui a fait ces preuves chez lui pour la plupart des vivipares qu’il maintient et distribue.

Je constate donc qu’il ne faut pas systématiquement faire une confiance aveugle à la personne qui vous vend vos raretés. Même s’ils sont probablement tous de très bon conseil, arrive un moment où il faut prendre le risque de ne plus les suivre et faire comme on le sent !

Arrive le moment de faire le point. Qu’est ce qui n’a pas marché ? Que changerai-je si j’en avais l’occasion. La température (25°C) me parait dorénavant relativement fraîche, 26-28°C aurait probablement été plus approprié. La salinité nulle chez moi, aurai plutôt du être de l’ordre de quelques pour mille. L’alimentation, a tendance carnée, aurait peut être du être plus axée sur le végétal, puisqu’en milieu naturel cette espèce consomme de grandes quantités de végétaux. Voila certains axes de travail que j’essayerai de développer si d’aventure j’ai l’occasion de me re-procurer la souche.

Texte & carte : Lilian MOISSONNIER
Photos : Eric GERLING


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